en cours

I want you

Exposition du 15.2.19 au 31.08.19

Un print project de Diane Rivoire

Forde I want you

Forde I want you

Forde I want you

en cours

I want you

Exposition du 15.2.19 au 31.08.19

Un print project de Diane Rivoire

Je m’appelle Diane, j’ai 22 ans et je suis étudiante en première année de Master en Arts Visuels à la HEAD–Genève.

Dans mon travail il est surtout question d’amour.

J’emprunte des images, leurs histoires et raconte la mienne.

Entre peintures, jeux, mots, motifs, objets, couleurs et performances, les histoires s’entrecroisent entre choses sérieuses et fantaisies.

Avec cette proposition je voulais parler du désir, du désir comme fascination, comme obsession.

Le point de départ c’est mon sujet de recherche en ce moment, le livre de Chris Kraus
I Love Dick.

Un amour obsessionnel qui s’écrit mais parle aux murs.

Pour traduire ce sentiment, un papier peint a été réalisé; les mots se font motifs et s’enchaînent au son d’une seule et même pensée « I want you », « je te veux » comme leitmotiv.

 

 

Lors de la préparation du projet, tu parlais de ta méthodologie. Tu as un point de départ et  puis c’est comme une espèce de digression, de dérive situationniste ?

 

 

Oui c’est une sorte de digression, la base de données repose sur I love Dick.

Dans ce récit, j’ai récolté les passages auxquels je pouvais m’identifier, lier mes propres mots.

À partir de cette collection de textes, la dérive s’enchaîne avec de nouvelles associations.

J’ai poussé mes recherches en passant par l’écrit de Roland Barthes. Le Plaisir du texte, par exemple, évoque la subjectivité du plaisir à l’écriture, plaisir qui je crois pousse Chris Kraus à écrire à Dick.

Décider d’incarner un cowboy lorsque K.C évoque Dick : « Tu as dit : « les bons moments ça n’existe pas. Ça finit toujours par des larmes et des déceptions. » Et quand j’ai continué à parler maladroitement de l’amour aveugle, du béguin, tu as dit : « Ce n’est pas si simple. » Nos positions s’étaient totalement inversées. J’étais le cowboy, tu étais le youpin. Mais pourtant je me suis mise en selle. »
Chris Kraus, I love Dick

Le cowboy est alors lié à la bande son de Lucky Luke :

Lucky Luke à la poursuite des frères Dalton, bandits dont l’image apparaît le plus souvent sur les affiches d’avis de recherches Wanted

À l’avis de recherche j’ai associé la chanson de Bob Dylan « I want you ».

I want you comme motif répété de Chris Kraus à Dick

I want you qu’on n’entend pas

I want you qui parle aux murs

I want you qui fait le mur

Les textes, images, chansons se superposent et se suivent formant un tout un peu flou,

« un marabout bout de ficelle » d’associations.

 

 La narration, les histoires occupent une place importante dans ton travail.

 

La narration et les histoires occupent une place prépondérante dans mon travail.

Je choisi des histoires qui me ressemblent, sont porteuses de poids. Avec elles je peux jouer entre les mots, les signes, les sens.

Le langage est à l’origine de tout le processus, avoir recours au langage comme performance c’est éviter le discours critique. Le temps de la performance active les objets en mots et renforce la mise en scène.

Oui, les histoires sont toujours racontées au spectateur, et se présentent par digressions.

Le discours et la voix se modulent sur un ton romantico-comique, le but étant de partager un sentiment vis-à-vis d’une image. Les textes s’enchaînent en sauts de puces, passant d’une image à un texte à un geste.

Raconter des histoires, c’est une invitation au spectateur à mettre en relation des situations et à se projeter dans la narration.

Avec la performance j’espère partager le plaisir du texte.